Au Clair de la Lune

janvier 31, 2008

Coco… rico?

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Coco rico

Le miracle de la vie, et ce qui le précède bien sûr, représente l’un des sujets de discussion les plus épineux et délicats entre parents et enfants. La plupart des parents ne peuvent échapper à la question philosophique tant redoutée :

« papa, maman, comment on fait les bébés ? ».

Des images permettent de rendre le sujet plus poétique. Ma mère a élaboré un patchwork très coloré, composé des bouts d’histoires puisées dans son enfance : papa plante dans un pot une petite graine, rose ou bleue, qui se trouve dans son zizi, Maman arrose la petite graine pendant neuf mois, puis un petit bébé nait, une fille dans une rose, un garçon dans un chou de Bruxelles. Je retrouve dans cette dernière partie de l’histoire la petite part de féminisme de ma mère, et sa grande part de fierté patriotique (Belge envers et contre tout !). Cette explication en apparence innocente a satisfait Coco, pour un temps, mais a aussi eu des conséquences inattendues : littéralement terrifié à l’idée de perdre sa précieuse petite graine, il a refusé, un jour durant, d’aller au petit coin ; afin d’exploiter au mieux de ses intérêts l’explication avancée par ma mère, il a réuni dans une boîte des dragées bleues et roses, imaginant avec gourmandise leur délicieuse multiplication. Mais l’échec de cette expérience l’a conduit à chercher des réponses à la délicate question ailleurs : à la télévision.

C’est ainsi que durant plusieurs jours, Coco resta assis en tailleur sur son lit, dans ce qui ressemblait fortement à une posture de méditation. Comme je l’ai déjà précisé, tout silence de la part de Coco est signe de catastrophe, et cette fois-ci pas moins qu’une autre. Mais après tout, comment pouvait-on imaginer qu’une telle attitude méditative pourrait engendrer un quelconque problème : Coco méditant en silence dans sa chambre ne constitue pas un fait alarmant en soi, peut-être assistait-on à la naissance d’une vocation philosophique ?Un jour, mettant fin à toutes ces méditations qui auraient impressionné Bouddha lui-même, Coco, ayant sûrement réussi à atteindre le nirvana, décida de retourner à sa vie tumultueuse.

Finalement, une semaine après ce retour à la normal, ma mère trouva le fin mot de l’histoire. Alors qu’elle nettoyait la chambre de Coco, elle a été assaillie par une odeur nauséabonde. Après avoir inspecté la pièce dans ses moindres recoins, elle sut que son fils ne serait jamais philosophe, et encore moins anthropologue : dans un petit sac suspendu à la fenêtre, chauffés par les rayons du soleil et lovés au sein d’un cocon de ouate, deux œufs attendaient patiemment… Coco avoua sur le ton le plus naturel qui soit qu’il voulait simplement avoir des poussins. Donc il a mis les œufs subtilisés dans le frigo sous son édredon et les a couvés pour les réchauffer. Mais à la télé, ils n’ont pas dit que ça prenait autant de temps ! Alors, logiquement, il a enveloppé les œufs dans du coton et les a délicatement exposés à la fenêtre ensoleillée. Logique donc ! A ceci près qu’il s’agissait d’œufs durs…

Coco et le miracle de la vie

Classé dans : amour, animaux, art, bande dessinee, enfants, famille, humour, litterature, personnel, vie — contessine @ 7:56

Coco and the Miracle of Life

Petit, mon frère Coco était très turbulent. Il appartenait à cette catégorie d’enfants que l’on doit toujours garder à l’œil, l’absence de bruit dans la maison familiale préfigurant inéluctablement une catastrophe. Coco vouait un véritable culte aux animaux, sans aucune discrimination d’espèces, qu’il s’agisse des serpents qu’il ramenait en cachette à la maison, des salamandres, des rats, ou encore des têtards qu’il élevait dans l’espoir de les transformer en véritables grenouilles de compétition. Sa fascination pour le monde animalier inondait son esprit d’une foule de questions existentielles. Il n’a, par exemple, jamais compris comment le poisson panné dont il se délectait si souvent était capable de nager. Mais, bien entendu, son esprit était avide de réponses réalistes, notamment sur le thème du miracle de la vie.
Un tel événement ne tarda pas à arriver : une jument devait pouliner. Bien sûr, Coco voulait être témoin de ce miracle. Le fermier lui permit de jouer un rôle capital : il devrait rester dans l’écurie et donner l’alerte dès qu’apparaitrait la patte du poulain. Fier comme un coq, Coco prit son rôle très au sérieux. Peut-être trop…

Premier acte : Coco crie « Je la vois! Viens! »
Le fermier accourt et ne voit rien, même si Coco, sûr de son fait, lui assure :
« Je te jure ! Je l’ai vu ! »
Deuxième acte : Coco sonne encore l’alerte « Ca y est! Ca y est! »
Et, une fois de plus, le fermier se déplace pour rien; mais en constatant l’aplomb avec lequel Coco lui affirme avoir vu de ses propres yeux la patte du poulain, il comprend qu’il y a anguille sous roche.
Dernier acte : Coco crie encore une fois. Une fois de plus pour rien…du moins selon le fermier…Mais Coco, gonflé d’orgueil, déclare :
« Ah ! Tu vois ! Je te l’avais bien dit! La voilà la patte ! »
Le fermier suit le regard admiratif de Coco, en direction d’un étalon! Problème : comment expliquer à ce petit garçon que l’objet de son admiration n’était pas la patte tant attendue ?
Tentant de trouver les mots les plus appropriés et de jouer le rôle éducatif que lui conférait sa fonction de beau-père, le fermier tenta :
« Non ! c’est un mâle que tu regardes, et ce que tu vois, c’est son zizi. »
Mais Coco, certain de connaître toutes les particularités anatomiques des animaux, répondit :
« N’importe quoi ! tu crois que je suis bête ou quoi ?! Je sais comment c’est un zizi ! J’en ai un aussi ! et je peux te dire que c’est beaucoup plus petit ! Pfff….un zizi, et puis quoi encore ! »
Et aujourd’hui, à chaque repas de famille ou à chaque fois que mon frère amène une nouvelle petite amie à la maison, on a l’habitude de raconter cette histoire. Et à chaque fois, il souffle un « Pfff…encore la même histoire » et rougit. Et à chaque fois je retrouve mon petit Coco.

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