Au Clair de la Lune

janvier 31, 2008

Coco et le miracle de la vie

Classé dans : amour, animaux, art, bande dessinee, enfants, famille, humour, litterature, personnel, vie — contessine @ 7:56

Coco and the Miracle of Life

Petit, mon frère Coco était très turbulent. Il appartenait à cette catégorie d’enfants que l’on doit toujours garder à l’œil, l’absence de bruit dans la maison familiale préfigurant inéluctablement une catastrophe. Coco vouait un véritable culte aux animaux, sans aucune discrimination d’espèces, qu’il s’agisse des serpents qu’il ramenait en cachette à la maison, des salamandres, des rats, ou encore des têtards qu’il élevait dans l’espoir de les transformer en véritables grenouilles de compétition. Sa fascination pour le monde animalier inondait son esprit d’une foule de questions existentielles. Il n’a, par exemple, jamais compris comment le poisson panné dont il se délectait si souvent était capable de nager. Mais, bien entendu, son esprit était avide de réponses réalistes, notamment sur le thème du miracle de la vie.
Un tel événement ne tarda pas à arriver : une jument devait pouliner. Bien sûr, Coco voulait être témoin de ce miracle. Le fermier lui permit de jouer un rôle capital : il devrait rester dans l’écurie et donner l’alerte dès qu’apparaitrait la patte du poulain. Fier comme un coq, Coco prit son rôle très au sérieux. Peut-être trop…

Premier acte : Coco crie « Je la vois! Viens! »
Le fermier accourt et ne voit rien, même si Coco, sûr de son fait, lui assure :
« Je te jure ! Je l’ai vu ! »
Deuxième acte : Coco sonne encore l’alerte « Ca y est! Ca y est! »
Et, une fois de plus, le fermier se déplace pour rien; mais en constatant l’aplomb avec lequel Coco lui affirme avoir vu de ses propres yeux la patte du poulain, il comprend qu’il y a anguille sous roche.
Dernier acte : Coco crie encore une fois. Une fois de plus pour rien…du moins selon le fermier…Mais Coco, gonflé d’orgueil, déclare :
« Ah ! Tu vois ! Je te l’avais bien dit! La voilà la patte ! »
Le fermier suit le regard admiratif de Coco, en direction d’un étalon! Problème : comment expliquer à ce petit garçon que l’objet de son admiration n’était pas la patte tant attendue ?
Tentant de trouver les mots les plus appropriés et de jouer le rôle éducatif que lui conférait sa fonction de beau-père, le fermier tenta :
« Non ! c’est un mâle que tu regardes, et ce que tu vois, c’est son zizi. »
Mais Coco, certain de connaître toutes les particularités anatomiques des animaux, répondit :
« N’importe quoi ! tu crois que je suis bête ou quoi ?! Je sais comment c’est un zizi ! J’en ai un aussi ! et je peux te dire que c’est beaucoup plus petit ! Pfff….un zizi, et puis quoi encore ! »
Et aujourd’hui, à chaque repas de famille ou à chaque fois que mon frère amène une nouvelle petite amie à la maison, on a l’habitude de raconter cette histoire. Et à chaque fois, il souffle un « Pfff…encore la même histoire » et rougit. Et à chaque fois je retrouve mon petit Coco.

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