Le miracle de la vie, et ce qui le précède bien sûr, représente l’un des sujets de discussion les plus épineux et délicats entre parents et enfants. La plupart des parents ne peuvent échapper à la question philosophique tant redoutée :
« papa, maman, comment on fait les bébés ? ».
Des images permettent de rendre le sujet plus poétique. Ma mère a élaboré un patchwork très coloré, composé des bouts d’histoires puisées dans son enfance : papa plante dans un pot une petite graine, rose ou bleue, qui se trouve dans son zizi, Maman arrose la petite graine pendant neuf mois, puis un petit bébé nait, une fille dans une rose, un garçon dans un chou de Bruxelles. Je retrouve dans cette dernière partie de l’histoire la petite part de féminisme de ma mère, et sa grande part de fierté patriotique (Belge envers et contre tout !). Cette explication en apparence innocente a satisfait Coco, pour un temps, mais a aussi eu des conséquences inattendues : littéralement terrifié à l’idée de perdre sa précieuse petite graine, il a refusé, un jour durant, d’aller au petit coin ; afin d’exploiter au mieux de ses intérêts l’explication avancée par ma mère, il a réuni dans une boîte des dragées bleues et roses, imaginant avec gourmandise leur délicieuse multiplication. Mais l’échec de cette expérience l’a conduit à chercher des réponses à la délicate question ailleurs : à la télévision.
C’est ainsi que durant plusieurs jours, Coco resta assis en tailleur sur son lit, dans ce qui ressemblait fortement à une posture de méditation. Comme je l’ai déjà précisé, tout silence de la part de Coco est signe de catastrophe, et cette fois-ci pas moins qu’une autre. Mais après tout, comment pouvait-on imaginer qu’une telle attitude méditative pourrait engendrer un quelconque problème : Coco méditant en silence dans sa chambre ne constitue pas un fait alarmant en soi, peut-être assistait-on à la naissance d’une vocation philosophique ?Un jour, mettant fin à toutes ces méditations qui auraient impressionné Bouddha lui-même, Coco, ayant sûrement réussi à atteindre le nirvana, décida de retourner à sa vie tumultueuse.
Finalement, une semaine après ce retour à la normal, ma mère trouva le fin mot de l’histoire. Alors qu’elle nettoyait la chambre de Coco, elle a été assaillie par une odeur nauséabonde. Après avoir inspecté la pièce dans ses moindres recoins, elle sut que son fils ne serait jamais philosophe, et encore moins anthropologue : dans un petit sac suspendu à la fenêtre, chauffés par les rayons du soleil et lovés au sein d’un cocon de ouate, deux œufs attendaient patiemment… Coco avoua sur le ton le plus naturel qui soit qu’il voulait simplement avoir des poussins. Donc il a mis les œufs subtilisés dans le frigo sous son édredon et les a couvés pour les réchauffer. Mais à la télé, ils n’ont pas dit que ça prenait autant de temps ! Alors, logiquement, il a enveloppé les œufs dans du coton et les a délicatement exposés à la fenêtre ensoleillée. Logique donc ! A ceci près qu’il s’agissait d’œufs durs…

Je suis très heureuse de pouvoir lire les aventures de Coco en français! Et de pouvoir laisser mes commentaires en français aussi… quelle libération, après cette incessante marée haute d’ anglais dans ma vie!
Félicitations pour le style de narration a la fois élégant et plein d’ humour, j’ adore! J’ ignorais avoir une nièce si bon écrivain…
L’ humour, ça par exemple, je savais déjà puisque j’ en bave chaque jour de ses envolées… gasconesques?…gasconiques?… ou tout simplement gasconnes?
Et l’ élégance aussi bien sur, du bout des doigts de pieds a la pointe des cheveux – non, ils ne sont pas fourchus les siens… comme dit son père: elle a les les plus beaux cheveux du monde! alors oui, commencez a rêver, messieurs…
Bravo aussi au grand et merveilleux Kev Moore, rockeur anglais et multitalent, pour les illustrations!
Bonne chance, Contessine!
Je t’ aime…
Commentaire par Miki — février 1, 2008 @ 8:49